SORTIE DU LIVRE DE BERTRAND DUBOUX

    

Biographie Bertrand Duboux

     Pendant trente ans, de 1978 à 2008, après sept années dans la presse écrite, Bertrand Duboux fut la voix du cyclisme et de la boxe à la Télévision suisse romande, côtoyant les grands champions du moment mais aussi des confrères réputés tels les Chapatte, Ollivier, Debruyne, De Zan, Mathy, Chany, Brouchon, Clare, Cornet, Lang, Leblanc, Bouvet, Cazeneuve, Brunel, Donor, Vially, Le Roch et compagnie. Un reporter passionné, prompt à s’enthousiasmer mais aussi à s’engager pour combattre l’injustice et la mauvaise foi. Jamais en reste, non plus, pour dénoncer et stigmatiser les erreurs et les dérives de ces milieux qu’il fréquente depuis plus de quatre décennies. De 1991 à 1997, il a présidé l’Association internationale des journalistes du cyclisme (AIJC) dont il est trésorier depuis 1981.

   En 1964, il était présent au championnat du monde, à Sallanches, pour voir Merckx triompher chez les amateurs et Janssen battre Adorni et Poulidor au sprint le lendemain. Depuis, le virus du vélo ne l’a plus quitté. Adolescent puis journaliste, il a suivi et même vibré aux exploits de Roger Pingeon face à Poulidor, Gimondi, Janssen et Merckx, avant de lui offrir une place de consultant pendant vingt éditions du Tour de France.

   Au fil du temps, il a recueilli les confidences et les frustrations du vainqueur de 1967. Leur complicité est devenue amitié et à l’origine, en 2003, d’un livre d’anecdotes et de souvenirs : « Carnet de route – Tour et détours » (éd. Slatkine, Genève).

   Par ce nouvel ouvrage, Bertrand Duboux entend rendre hommage et réhabiliter, dans la mémoire des passionnés et du public, l’image de son compère Pingeon, trop souvent, à ses yeux, accablé par la malchance et sous-estimé par les médias français. Un vibrant hommage en forme de plaidoyer pour un champion trop vite retombé dans l’anonymat de l’après-carrière.

    Présentation

    Dans le monde du vélo où il a évolué au plus haut niveau, côtoyant notamment Anquetil, Poulidor, Gimondi, Merckx et Ocana, on ne l’a jamais pris très au sérieux. On l’a même considéré comme un farfelu lorsque d’abandons en retours ratés il a voulu reprendre son métier de plombier-zingueur à peine plus d’un an après son arrivée chez les professionnels.. Et pourtant, Roger Pingeon a gagné sur un coup d’éclat le Tour de France 1967. Il aurait pu en remporter d’autres, ainsi que des épreuves moins prestigieuses mais de grande renommée. Hélas, la malchance et une incroyable série de concours de circonstances l’en ont privé, l’empêchant d’être apprécié à sa juste valeur.

   Un exemple parmi d’autres : le Tour de Suisse 1972. Alors qu’à vingt kilomètres de l’arrivée à Gstaad (4ème étape) il rejoint l’Italien Dancelli, seul en tête depuis le matin, et qu’il compte quatre minutes d’avance sur le peloton, Pingeon est pris d’une soudaine « fringale ». Le Belge Robert Naye, qui dirige l’équipe Peugeot en l’absence de Gaston Plaud, refuse alors de lui passer une banane ou quelques morceaux de sucre, afin de ne pas risquer une amende de cinquante francs suisses et dix secondes de pénalisation ! Devancé par Dancelli dans le « mur » d’arrivée, Pingeon laisse le peloton à 2’29 mais il a perdu une bonne partie de son avantage alors qu’il était en train de créer l’exploit et de gagner le Tour. Il terminera deuxième du classement final à 21 secondes du Suisse Pfenninger ! De quoi attiser son ressentiment vis-à-vis d’une corporation qu’il estime peu, car trop incompétente et livrant aux journalistes une version qui l’arrange.

   Souvent frustré et agacé par des commentaires inexacts, touché dans son amour propre, Pingeon a choisi de limiter ses contacts avec les médias qui, à l’époque, n’avaient d’yeux que pour Poulidor, à la fois son rival et son partenaire en équipe de France. C’est cet ostracisme qu’il dénonce après quatre décennies de silence et de retenue. Avec la volonté de rétablir une vérité souvent bafouée et déformée. Il a toutefois fallu le titiller pour que ce champion réservé, intègre et respectueux accepte de revenir sur sa carrière et de remettre en question certains épisodes du Tour de France qui lui restent en travers de la gorge.

   Avec le recul, Roger Pingeon a des choses à dire, des révélations à faire, des corrections à apporter. Sur ses déboires, ses échecs et aussi sur l’évolution du sport cycliste et du Tour de France. Parce que des questions se posent toujours. Il n’est plus sur les courses mais il n’en reste pas moins un observateur avisé, avec un sens critique aigu et des réflexions qui s’éloignent du langage officiel. Son discours n’est pas celui de la complaisance. Il dérange, comme à l’époque de sa gloire sur le vélo.

Bertrand Duboux, 06.06.2012

Titre: Roger Pingeon, un maillot jaune qui a soif de vérité
format 148 x 210 mm.
aux Editions Baudelaire, Lyon
110 pages avec illustrations. Pour commander:
www.editions-baudelaire.com
Prix € 15,00 TTC + port  (Suisse: 20.--)