LA CHRONIQUE DE BERTRAND DUBOUX

    

Pascal Richard : c’était hier !

Pascal Richard a cinquante ans . C’est à peine croyable pour tous ceux qui ont encore en mémoire le souvenir de ses exploits inoubliables : Tour de Romandie (deux fois), Tour de Suisse, Tour de Lombardie, Liège-Bastogne-Liège, championnat du monde de cyclocross et, consécration suprême, le titre olympique, à Atlanta, en 1996. Au total 64 succès professionnels, sans compter les critériums et les cyclocross, répertoriés entre 1986, lorsqu’il est entré comme néo-pro dans l’équipe KAS de Jean de Gribaldy, et l’été 2000 lorsque sa non-sélection pour les JO de Sydney a précipité sa fin de carrière, à 36 ans. Parmi ses réussites,  de nombreuses étapes aussi (1 à Tirreno-Adriatico, 2 à Paris-Nice et au Tour de France, 3 au Tour de Suisse, 4 au Giro, 5 au Tour de Romandie) ainsi que dix titres nationaux dont un triplé unique en Suisse : cyclocross, route et montagne la même saison (1989).

Un parcours exceptionnel qui en fait à ce jour le coureur romand le plus titré, le meilleur de tous les temps et sans doute appelé à le rester longtemps ! Mais un parcours avec des hauts et des bas, des moments de bonheur et d’euphorie en alternance avec des périodes de déceptions et de déprime lorsqu’il a fallu engager des procédures contre certains responsables d’équipes peu scrupuleux, ceux de Lotus-Festina, Mobilvetta et McCartney en particulier.

Des embrouilles et des démêlés judiciaires propres à saper le moral et à destabiliser un athlète à la sensibilité à fleur de peau qui aurait bien pu s’égarer en route. A plus d’une reprise, la catastrophe n’était pas loin mais le Vaudois (il est né à Vevey le 16 mars 1964) a toujours pu trouver les appuis nécessaires pour régler in extremis ses problèmes. Avec à la clé des concessions financières. A chaque fois, il est parvenu à remonter la pente et à reprendre le cours de sa carrière. Mais il doit beaucoup à Gian-Carlo Ferretti, directeur sportif des équipes italiennes Ariostea, GB-MG, MG-Technogym notamment, qui lui a tendu la main au moment crucial et l’a complètement relancé entre 1993 et 1996. Quatre saisons exceptionnelles au cours desquelles Pascal Richard va oublier ses déboires et signer ses plus grandes et ses plus belles victoires, étoffant un palmarès qui en fait l’un des meilleurs coureurs suisses depuis la guerre.

Tous ceux qui l’ont côtoyé de près n’oublieront jamais les émotions qu’il nous a procurées. Parce qu’il a su prendre ses responsabilités, il a réussi des coups de maître. Son tempérament offensif très affirmé en a fait un coureur à panache, rarement battu lorsqu’il s’était glissé ou avait provoqué la bonne échappée. Avec un sens tactique très pointu, peu souvent pris en défaut lorsque se présentait la ligne d’arrivée. Mais avec toujours le risque que le moindre grain de sable ne vienne dérègler la belle mécanique.

            - Pascal Richard, c’est un grand champion, vraiment. Mais il est comme un verre en cristal : très fragile, il peut se casser à tout moment  ! a expliqué un jour signor Ferretti sur le plateau de la TSR.

Rien n’est plus vrai. A la fois un beau compliment et une belle image qui illustrent parfaitement la personnalité de Pascal, capable du meilleur comme du pire, ce qui explique cette trajectoire en dents de scie entamée comme junior au Vélo Club Orbe. Venu s’établir avec ses parents dans cette région du Nord vaudois (son père, maçon, était un bon cycliste amateur), il y a fait ses classes en réussissant à mener de front, malgré une jeunesse turbulente, l’apprentissage du sport (football, boxe, vélo) et celui de dessinateur-technique qui lui permet désormais d’exprimer son talent créateur dans la promotion immobilière. Une reconversion qui ne s’est pas faite dans la facilité mais qui n’en prend que plus de valeur aujourd’hui. 

Bertrand Duboux 16 Mars 2014

 

 

Pascal Richard

Né le 16 mars 1964 à Vevey

 

Professionnel de 1986 à 2000

 

Equipes :

1986 KAS (Jean de Gribaldy)

1987 TOSHIBA (Paul Köchli)

1988 WEINMANN

1990 HELVETIA

1992 LOTUS-FESTINA (Jan Gisbert)

1993 ARIOSTEA (Gian-Carlo Ferretti)

1994 GB-MG

1995 MG-TECHNOGYM

1997 CASINO (Vincent Lavenu)

1998 MOBILVETTA (Stefano Giuliani)

2000 McCARTNEY (Sean Yates)

 

Palmarès :

Champion du monde de cyclocross 88

Tour de Romandie 1993-94

Tour de Suisse 1994

Tour de Lombardie 1993

Liège-Bastogne-Liège 1996

Champion olympique route 1996

 

Autres principaux succès :

Trois Vallées varésines 90

Trophée de Laigueglia 91

Tour de Romagne 93

Tour du Latium 93-95

GP de Gippingen 94-95

1 étape de Tirreno-Adriatico

2 étapes de Paris-Nice

2 étapes du Tour de France (Briançon 89, Puy-en-Velay 96)

3 étapes du Tour de Suisse

4 étapes du Giro (Sestrière 94, Rovereto 95, Ponte Chianale 95, Briançon 96)

5 étapes du Tour de Romandie

10 titres nationaux (cyclocross, route, montagne)

Au total : 64 victoires sur route.