LA CHRONIQUE DE BERTRAND DUBOUX

    

Jean-Michel Frossard, l’architecte du site de Colovray

« A la limite de mes possibilités ! »

Comme la vingtaine de bénévoles qui oeuvrent pour les championnats d’Europe M23 et juniors, il a répondu favorablement à l’appel de Jean-Paul Savary et Nicola Tracchia. En charge du site de Colovray, centre névralgique de la manifestation, Jean-Michel Frossard (48 ans) est l’une des pièces maîtresse de toute l’organisation. Un poste à haute responsabilité pour cet ingénieur en génie civil qui a dû prévoir toutes les infrastructures et doit gérer leur installation sur place et leur aménagement pour les cinq jours de compétition : zone d’arrivée sur la route du lac avec montage de la grande arche et les boxes des équipes, tribune VIP, cantine pour le public et les bénévoles, emplacements pour le camion frigorique, les sanitaires et le contrôle des braquets, stands pour les sponsors et les exposants mais aussi stands de boissons et de petite restauration, salle de presse, podium protocolaire, tente VIP, aménagement des accès et sorties du parcours ainsi que des parkings pour directeurs sportifs, motards et officiels (organisateurs, commissaires UCI, ambulances, médias, etc). De quoi se mettre un peu de pression sur les épaules !

Un gros investissement personnel qui l’oblige depuis plusieurs mois à multiplier les séances avec la Ville de Nyon, la police, les Services industriels pour l’alimentation électrique ainsi que Travaux et Environnement notamment.

            - Le problème principal est la coordination générale et la gestion des bénévoles, dit-il. Il faut faire venir les entreprises au bon moment. Ce sont de petites choses qui prennent du temps. Il y a aussi la sécurité sur le site par rapport à la circulation. Il faut se mettre d’accord avec la police, les services de la ville pour le montage des tentes, et en particulier l’arche d’arrivée car les bénévoles qui vont y travailler doivent être protégés.

Jean-Michel Frossard n’est pas seul pour maîtriser ce gigantesque chantier en préparation. Il n’empêche que sa responsabilité est lourde afin que tout soit en place et opérationnel le jour J. Actuellement en stage de formation professionnelle, en plus, il a dû prendre sur ses vacances pour arrviver à tout faire et sera absent deux heures par jour durant les compétitions. C’est pourquoi il a sollicité Michel Courtois pour le seconder.

            - Notre équipe fonctionne bien, avec Michel Girardet, le responsable administratif du site, et Michel Courtois, qui vient de nous rejoindre et s’est très vite impliqué, précise-t-il. Il y a aussi Bertrand Huguenin, le menuisier, qui est là pour des petits travaux de remise en état, comme la rampe de lancement du contre la montre prêtée par le Tour du Pays de Vaud, par exemple.

Cyclotouriste à ses heures, membre du Vélo Club Nyon depuis 1992, Jean-Michel Frossard est passionné comme le sont beaucoup de gens proches du vélo, et motivé par cette nouvelle aventure. En 2009, il a notamment participé à l’organisation des championnats de Suisse et cette expérience lui est précieuse.

            - Il a fallu faire un plan de situation avec tous les emplacements prévus. J’ai dû passer par un bureau privé, avec un dessinateur à disposition. Quand on voit le résultat final, c’est une belle réussite, dit-il.

Et pourtant que de problèmes à résoudre, de solutions à imaginer et à trouver pour satisfaire tout le monde et assurer le parfait déroulement de ces championnats d’Europe.

            - Il n’est pas facile d’intégrer cette nouvelle responsabilité dans mon planning. Avec Jean-Paul Savary, on fonctionne en binôme. Pour lui, il n’y a jamais de problèmes mais pour moi c’est diférent ! Lui est un fonceur. Il fonctionne à l’ancienne, à la poignée de mains. Mais aujourd’hui le constat est que la situation a changé : le politique a pris le dessus par rapport au technique. C’est regrettable ! Nous n’avons plus les coudées franches, les chefs de service, surtout. C’est mon constat personnel, basé sur mon expérience, car j’ai travaillé pour des collectivités publiques.

On ne dira jamais assez combien d’obstacles il a fallu surmonter, d’heures qu’il a fallu passer pour aménager la zone du Centre sportif de Colovray en fonction de cet important événement.

            - Je suis à la limite de mes possibilités, avoue Jean-Michel Frossard. J’ai quand même une famille… mais je vais rester au VC Nyon. Par contre, il n’est pas sûr qu’on remettra ça. Il reste le Giron, les petites courses du club, mais pas à ce niveau !

En attendant, ne l’oublions pas le jour de la remise des médailles…

                                                                                   Bertrand Duboux, resp. médias